Sujets
Sujet 1 : Pour un numérique soutenable, « des bonnes intentions [...] ce n'est pas suffisant »
Soit l'extrait de l'article suivant : Pour un numérique soutenable, « des bonnes intentions [...] ce n'est pas suffisant », par Sébastien Gavois, in NextInpact, 06/01/2021. nextinpact.com/article/45093/pour-numerique-soutenable-bonnes-intentions-ce-nest-pas-suffisant.
Depuis plusieurs mois, la question de l'empreinte écologique du numérique prend de l'importance. Sous la présidence de Sébastien Soriano, l'Arcep s'est emparé du sujet et a récemment dévoilé ses pistes de réflexion qui tirent tous azimuts. Car de nombreux maillons de la chaîne ont leur rôle à jouer.
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Pour l'Autorité, il est important que le numérique prenne « part à la stratégie bas carbone, sans renoncer aux possibilités d'échanges et d'innovation ». Le tout autour de trois grands thèmes :
- Améliorer la capacité de pilotage de l'empreinte environnementale du numérique par les pouvoirs publics.
- Intégrer l'enjeu environnemental dans les actions de régulation de l'Arcep.
- Renforcer les incitations des acteurs économiques, acteurs privés, publics et consommateurs.
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Avant toute chose, l'Arcep tient à préciser deux points importants : « Il ne s'agit pas de condamner le numérique en lui-même ni de brider ou restreindre a priori son utilisation : certains usages participent directement à la réduction des émissions de gaz à effets de serre. Il ne s'agit pas non plus de considérer le numérique comme un secteur dispensé des efforts à accomplir pour respecter l'Accord de Paris et ses exigences nouvelles ».
Mobilisez les concepts liés à la raison computationnelle et au capitalisme de surveillance pour commenter la position de l'Arcep.
Sujet 2 : Le Web est-il devenu trop compliqué ?
Soit l'extrait de l'article suivant : Le Web est-il devenu trop compliqué ?, par Stéphane Bortzmeyer, in Framablog, 30/12/2020. framablog.org/2020/12/30/le-web-est-il-devenu-trop-complique.
« OK, les techniques utilisées dans le Web sont compliquées mais cela ne concerne que les développeuses et développeurs, non ? » Eh bien non car cette complication a des conséquences pour tous et toutes. Elle se traduit par des logiciels beaucoup plus complexes, donc elle réduit la concurrence, très peu d'organisation pouvant aujourd'hui développer un navigateur Web.
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Du fait de cette complexité, il n'existe aujourd'hui que quatre ou cinq navigateurs Web réellement distincts. Écrire un navigateur Web aujourd'hui est une tâche colossale, hors de portée de la très grande majorité des organisations. La concurrence a diminué sérieusement. La complexité technique a donc des conséquences stratégiques pour le Web. Et ceci d'autant plus qu'il n'existe derrière ces navigateurs que deux moteurs de rendu, le cœur du navigateur, la partie qui interprète le langage HTML et le CSS et dessine la page. Chrome, Edge et Safari utilisent le même moteur de rendu, WebKit (ou l'une de ses variantes).
Et encore tout ne tourne pas sur votre machine. Derrière votre écran, l'affichage de la moindre page Web va déclencher d'innombrables opérations sur des machines que vous ne voyez pas, comme les calculs des entreprises publicitaires qui vont, en temps réel, déterminer les « meilleures » publicités à vous envoyer dans la figure ou comme l'activité de traçage des utilisateurs, notant en permanence ce qu'ils font, d'où elles viennent et de nombreuses autres informations, dont beaucoup sont envoyées automatiquement par votre navigateur Web, qui travaille au moins autant pour l'industrie publicitaire que pour vous.
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Cela a mené à une approche plus radicale, sur laquelle je souhaitais terminer cet article, le projet Gemini. Gemini est un système complet d'accès à l'information, alternatif au Web, même s'il en reprend quelques techniques. Gemini est délibérément très simple : le protocole, le langage parlé entre le navigateur et le serveur, est très limité, afin d'éviter de transmettre des informations pouvant servir au pistage (comme l'en-tête User-Agent du Web) et il n'est pas extensible. Contrairement au Web, aucun mécanisme n'est prévu pour ajouter des fonctions, l'expérience du Web ayant montré que ces fonctions ne sont pas forcément dans l'intérêt de l'utilisateur. Évidemment, il n'y a pas l'équivalent des cookies. Et le format des pages est également très limité, à la fois pour permettre des navigateurs simples (pas de CSS, pas de Javascript), pour éviter de charger des ressources depuis un site tiers et pour diminuer la consommation de ressources informatiques par le navigateur. Il n'y a même pas d'images.
La dernière version de dyllo date de 2015. Si utiliser un navigateur web léger, c'est utiliser un navigateur web obsolète qui ne fonctionnera pas sur la plupart des sites, c'est pas génial comme conseil. Autant conseiller de ne plus naviguer sur Internet. [Commentaire de Tom, le 30/12/2020]
Votre commentaire est intéressant par les pré-supposés qu'il révèle. D'abord, le caractère obsolète de Dillo. C'est justement un des problèmes du Web qu'un logiciel datant de 2015 ne fonctionne plus. Il n'y a aucune raison que ce soit le cas. HTML, CSS et Javascript sont bien plus anciens que cela. Que le logiciel de 2015 ne puisse pas profiter des nouveautés, c'est normal, qu'il ne puisse pas afficher les sites Web, cela ne l'est pas. [Réponse de Stéphane Bortzmeyer au commentaire de Tom, le 30/12/2020]
Mobilisez les concepts liés au fonctionnement d'Internet et du Web pour commenter cette proposition de Stéphane Bortzmeyer ; imaginez comment mobiliser les concepts des chaînes éditoriales pour rendre des contenus disponibles dans le cadre du projet Gemini.