Sujet : Numérisation des copies du bac, une décision énergivore et liberticide
Fondamental : Texte à commenter en utilisant les concepts vus en cours
Astier, Marie. « Numérisation des copies du bac, une décision énergivore et liberticide ». Reporterre, le quotidien de l'écologie, 2020. https://reporterre.net/Numerisation-des-copies-du-bac-une-decision-energivore-et-liberticide
Contexte
Nouveauté du bac cette année : les copies des épreuves de contrôle continu sont numérisées et corrigées en ligne par les enseignants. Certains dénoncent un gâchis écologique et s'inquiètent de l'usage qui pourrait être fait de cette masse de données désormais accessibles aux algorithmes de l'intelligence artificielle.
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Ces nouvelles épreuves, ce sont les E3C, ou « épreuves communes de contrôle continu ». Passées en classes de première et de terminale par les filières générales et technologique, elles compteront pour 30 % de la note du bac. Elles se distinguent de l'épreuve terminale du baccalauréat car elles sont passées en cours d'année, à deux reprises (deuxième et troisième trimestre) et sont organisées au sein de chaque lycée : les sujets et la correction ne sont donc pas nationaux. Les élèves rédigent comme d'habitude sur papier, puis les copies sont passées dans des scanners qui les anonymisent. Chaque enseignant retrouve alors son lot de copies à corriger en ligne, dans un logiciel nommé Santorin.
Question 1
« Numériser n'est pas dématérialiser, dit Maxime Efoui-Hess, chargé de projet numérique au Shift Project, un groupe de réflexion qui œuvre en faveur d'une économie libérée de la contrainte carbone. On met juste les copies sur une autre infrastructure. Au lieu de les déplacer physiquement, on les transporte par des réseaux. Il aurait donc fallu évaluer l'impact [de cette mesure], ce qui n'a pas été fait. » Son rapport d'octobre 2018 intitulé Pour une sobriété numérique expliquait que « la consommation d'énergie du numérique est aujourd'hui en hausse de 9 % par an » et que « la contribution nette du numérique à la réduction de l'impact environnemental reste (...) à démontrer ».
Expliquez l'assertion « numériser n'est pas dématérialiser »
, vous mobiliserez vos connaissances dans le fonctionnement d'Internet et du Web.
Question 2
Le système pose également quelques problèmes techniques. « Mon conjoint a dû attendre toute une matinée pour pouvoir se connecter au serveur un jour où il voulait corriger », dit Amélie Hart-Hutasse. « La correction est moins pénible que je ne le craignais, mais on corrige moins bien que sur papier. Les outils que l'on a sont du niveau du logiciel Paint. Si je souligne toutes les fautes d'orthographe et d'expression, j'en ai pour plus d'une heure pour chaque copie, donc je ne le fais pas et c'est dommage pour les élèves », dit Diane Granoux. Pour que les copies passées au scanner soient lisibles, il était aussi recommandé aux élèves « d'écrire à l'encre foncée, de ne pas utiliser de stylo à bille à encre effaçable et d'éviter le blanc correcteur. »
En utilisant le cours d'initiation à la rédaction scientifique, critiquez ce paragraphe au regard du titre de l'article et des arguments avancés.
Question 3
Par ailleurs, les enseignants s'inquiètent d'une nouvelle possibilité ouverte par le logiciel Santorin : la surveillance que peuvent exercer les chefs d'établissement et les inspecteurs. « Ils peuvent savoir à quelle heure le professeur corrige, combien de temps il se connecte, combien de copies sont corrigées dans le temps où il a été connecté, quelle note il met », énumère Amélie Hart-Hutasse. « Des collègues ont remonté des anecdotes de proviseurs qui disaient : "Ben alors, Monsieur, vous ne mettez que huit minutes par copie ?" Ou alors "Madame, vous n'allez pas assez vite" », rapporte Diane Granoux.
Imaginez une fonction de surveillance non énoncée dans le texte qui pourrait être rendue possible par le logiciel Santorin. Imaginez un exemple de comportement des correcteurs induit par cette fonction.
Question 4
Le ministre Jean-Michel Blanquer avait prononcé le discours d'introduction des premières Assises de l'IA (intelligence artificielle) pour l'école, en décembre 2018 et y avait notamment déclaré vouloir « libérer les professeurs » de la correction de copies, « qu'elle devienne quelque chose de très assistée par l'intelligence artificielle. » En février 2020, une interview de Guillaume Leboucher dans L'Opinion, remettait le sujet sur la table. « Ces copies, c'est de la dynamite. Au bon sens du terme », y déclarait l'organisateur des ces Assises et fondateur de l'association l'IA pour l'école. « Elles fournissent des milliards d'informations sur lesquelles on va pouvoir faire passer des algorithmes. »
Mobilisez un concept associé à la raison computationnelle et un autre associé à l'ingénierie documentaire pour illustrer ce qui fait dire à G. Leboucher que « ces copies, c'est de la dynamite »
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Question 5
Montrez que la numérisation des copies est une démarche de "high-technicisation" et proposez un axe problématique qui n'est pas mentionné dans cet article.