Les villes sous surveillance
Définition : Technopolice
Initiative menée par l'association La Quadrature du Net (LQDN) visant à alerter sur un phénomène qui s'accélère : le développement d’une surveillance de l’espace urbain par des dispositifs numériques à des fins policières.
Complément : Visibiliser la police
La surveillance dans les villes contemporaines s'inscrit à rebours du secret d'État.
En septembre 1854, le régime a en effet procédé à une importante réforme de la police municipale, directement inspirée du modèle londonien des bobbies. [...] C’est dans ce cadre [que Napoléon III] se tourne vers le « modèle anglais » fondé sur la visibilité, le mouvement et la proximité. [...] Selon une lecture très hygiéniste de l’ordre social, le mouvement et la visibilité des agents devraient empêcher les malfaiteurs d’agir.

Complément : Rendre visible la population
L'idée d'identifier les corps à l'aide de données biométriques n'est pas nouvelle. Dès 1879, le bertillonnage (ou anthropométrie judiciaire) vise à identifier les criminels.

Les tentatives de prédire les crimes en exploitant des corrélations entre des variables explose avec les innovations en statistique. Les données étant de plus en plus nombreuses, André-Michel Guerry, juriste et statisticien au ministère de la Justice, invente l'ordonnateur statistique au début du 20e siècle ( Foster et McChesney, 2014[4]).
Exemple : Quelques technologies expérimentées en France
Drones, police prédictive, microphones urbains, vidéosurveillance algorithmique, reconnaissance faciale... (technopolice.fr/villes)
Exemple : Marseille : l'observatoire de la tranquillité publique
Grâce à de nouveaux supports informatiques (matériel et logiciels), il sera possible de collecter et de croiser des informations susceptibles d'aider les forces de Police Municipale à assurer la tranquillité publique de nos concitoyens. Il pourra s'agir, notamment, de recueillir, auprès de partenaires institutionnels du territoire, des données précieuses pour essayer de prévenir certains événements avant qu'ils ne se produisent.
Il est important, par ailleurs, que les habitants puissent se sentir eux-mêmes impliqués dans cette politique de tranquillité publique. Ainsi, dans ce souci de participation citoyenne, la population sera associée à ce dispositif au travers d'instances spécifiques et d'applications citoyennes.
Le projet marseillais promet une vaste plateforme d'intégration basée « sur les méthodes de Big Data » et de « machine learning », capable d'« analyser ce qui s'est passé (hier) », d'« apprécier la situation actuelle » (aujourd'hui) », et d'« anticiper la situation future ou probable (demain) »
À cela s'ajouteront les flux du vaste réseau de vidéo-surveillance rendu « intelligent » grâce au traitement de l'image (2000 caméras à terme, et demain des drones), les données des hôpitaux publics, les données publiées par les foules sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook sont mentionnés page 22 du CCTP [Cahier des Clauses Techniques Particulières]).
Si l'on en croit le CCTP, « chaque citoyen » pourra « fournir en temps réel des informations (texto, vidéo, photo, vitesse de déplacement, niveau de stress, …) via une application sur smartphone ou des objets connectés ».
Noter la ressemblance avec l'agrégation de données brutes en prédictions des Big Tech.
Exemple : Paris : Jeux Olympiques 2025
La préfecture de police de Paris a autorisé ce 17 avril 2024 l'utilisation du logiciel de VSA de la société Wintics par la SNCF et la RATP. La surveillance commencera dès le 19 avril sur 118 caméras de la gare de Lyon et du pont du Garigliano à Paris. Elle concernera également le 20 avril l'ensemble des caméras des stations de métro et de RER des gares de Nanterre Préfecture et de La Défense Grande Arche.


